Portugal 2/2
Ile Berlenga 09/08-11/08
Sur la route de Lisbonne, si on prend le temps de s’arrêter et de percer le rideau de brume, on peut trouver la petite île Berlenga, caillou aride jetté dans l’océan par le dieu des goélands pour donner refuge à ses sujets. Nous jettons l’ancre au matin, alors que l’île ensommeillée est encore nappée de brouillard.
Le chat roupille, on en profite pour sauter dans l’annexe, à la découverte du fort jadis érigé par des moines, puis des hauteurs de l’île et de ses falaises escarpées en quête de Macareux Moines (en effet, depuis Bréhat je cultive l’espoir d’en apercevoir un jour).
Les points de vue des remparts sont magnifiques, l’eau est merveilleusement limpide et turquoise, mais malheureusement point de Macareux en ce lieu colonisé par les goélands aussi nombreux qu’exaspérants entourés de leur marmaille de poussins. Erwan et Sandrine nous rejoignent au mouillage pour faire péter le barbecue au coucher du soleil sous les assauts du chat qui est à présent bien réveillé.
Le lendemain, nous nous entassons à 4 dans une annexe pour explorer les innombrables grottes qui grèvent les falaises de Berlenga. Malgré la lampe de poche, nous nous payons quelques bonnes frayeurs au fond de cavernes plongées dans l’obscurité car les bruits de succion de l’eau s’engouffrant sous la roche nous évoquent les gargarismes de quelque montre marin à l’affût ; et de bonnes bouffées d’adrénaline quand notre frêle embarcation se fait happer sous les arches rocheuses malgré nos coups de pagaies désespérés. L’eau limpide nous encourage à chausses palmes, masques et tubas à la découverte de la vie aquatique, pacifiquement pour les filles, alors que les garçons ne tardent pas à dégainer leur fusil sous marin pour abattre une paisible petite Vieille qui passait par là. Un poisson c’est bien, mais c’est peu pour les aventuriers affamés que nous sommes !
Erwan détecte puis anéanti en 10 minutes un banc de maquereaux qui fourrageait sous le bateau, les appâtant avec les entrailles de la Vieille. C’est rebelotte pour un barbecue, sous les étoiles et sous les griffes de Vigo qui, décidément, ne semble pas intégrer les règles élémentaires de la communication non violente. Quelle merveilleuse escale que ce petit joyau insulaire, où nous nous baignons dans l’eau cristalline au saut du lit, vivant au rythme de la nature et des copains, mais il est déjà temps de repartir...
Lisbonne 12/08-
Nous parvenons à Cascais après une belle journée de voile, sous un vent portant constant. La luxueuse marina est envahie de gros yachts a moteur et fait peu de cas des petits voiliers... Le tarif pour une nuit est de 30 euros (meme en montrant nos papiers de VSF), ce qui fait que nous fuyons sans tarder pour rejoindre les autres voiliers au mouillage devant la plage. Cascais est une ville agreable, quoique legerement surfaite au contact des nombreux touristes qui transitent dans les parages. De Cascais nous prenons le train pour decouvrir Lisboa, apres avoir ete acceuillis comme des princes par Vasco, Anne-Françoise et Rodrigue Arquin, membres de la famille de Seb. Lisbonne est une capitale, elle s etend de toute sa splendeur sur la rive droite du Tage, preferant les grandes facades resplendissantes aux petites baraques chancelantes qui font pourtant le charme des villes portugaises. Sandrine, Erwan, Sebastien et moi abordons les quartiers populaires par la Place du Commerce, remontant a pieds vers Graça afin d admirer le point de vue qu offre le Castelo Sao Jorge. On se delecte des petites rues commerçantes agrementees de terrasses ombragees avec musiciens itinerants. Nous nous separons ensuite pour visiter le quartier de Belem tandis que les autres preferent decouvrir l Oceanarium qui date de l expo de Lisbonne. On se laisse seduire par l architecture ciselee du Monastere de Jeronimos avant de nous recueillir a l ombre des imposantes murailles carrees de la Tour de Belem qui defend l entree du Tage. Nous regagnons ensuite Cascais au bord de l epuisement, abattus par une vilaine grippe qui a du nous cueillir au detour d une soiree plus fraiche que d ordinaire. Nous reprenons des forces au mouillage en compagnie de Vigo avant qu une meteo favorable nous permette de prendre la mer pour Madere...