Selvagens sur la route

Publié le par Sparrow

A quelques milles au large de Funchal, nous apercevons des jets d’eau qui évoquent la présence de baleines, que nous ne pourrons observer de plus près car elles plongent à notre approche. Nous aurons aussi la chance d’observer un groupe de dauphins mouchetés, avant de poursuivre notre route vers les Selvagens, îles sauvages qui ponctuent l’Atlantique entre Madere et les Canaries.

Nous passons une nuit à la cape devant l’archipel afin d’y mouiller de jour, en évitant le piège des nombreux rochers à fleur d’eau et des lames de l’océan qui déferlent en s’y brisant.

Au mouillage nous retrouvons l’équipage de Madéo (Romanée en acier, avec à bord Jean-Christophe, Sandra, puis les enfants, Lucien et Anaïs, 4 et 2 ans) avec qui nous partageons une succulente daurade coryphène.

Durant la soirée, la houle grossit et le mouillage devient impraticable, véritable chaudron bouillonnant d’écume blanchâtre sous les reflets blafards des étoiles en cette nuit sans lune. La chaîne de l’ancre se coince sous un rocher et tire affreusement sur le davier, faisant piquer le nez du bateau dans d’effrayants bruits de frottements métalliques. Nous veillons en attendant le jour, n’osant pas quitter nuitamment cet abri précaire du fait des innombrables dangers immergés non répertoriés, jusqu’à ce que le câblot qui retenait la chaîne explose sous la tension. Sebastien parvient de justesse à rattrapper le mouillage et à le fixer au taquet au prix d’efforts surhumains et de quelques lambeaux de chair arrachés à la paume de ses mains... Dès l’aube nous nous échappons de ce traquenard, attendant impatiemment d’accoster aux Canaries pour nous relaxer et récupérer les heures de sommeil perdues.

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