Ma plus belle plongée

Publié le par sparrow

Je plante le décor: Nieuwport, quai du gazoil, par une belle journée ensoleillée...

Nous venons donc de recevoir notre nouvelle bome et tous nos winches munis de nouvelles manivelles, nous sommes heureux car nous allons enfin pouvoir repartir... et soudain, c'est le drame!

Julie, qui transportait très judicieusement la bome sur l'épaule ainsi que les bosses de ris et les winches dans ses bras, prend son élan pour grimper à bord du bateau contre lequel Seizh Avel est à couple, et plouf: le winch destiné à accueillir les bosses de ris sur le mât tombe à l'eau!

S'ensuit un sermon justifié de la part de Sébastien, poussé sur le ton de la vieille et saine gueulante. Tous les ouvriers du chantier sont du même avis: il faut plonger! Plus facile à dire qu'à faire!!!

La mort dans l'âme je monte mon matériel et je m'équipe, tandis que Seb tourne en rond et tape des pieds sur le ponton.

Avant d'avoir les idées assez claires pour me rendre compte que ce que j'entreprends est une belle connerie, platsh, me voila à l'eau, dans ce merveilleux estuaire de l'Yser dont la surface vert de gris opaque ne laisse rien entrevoir des saloperies qui y transitent malgré l'odeur plus que suggestive qui s'en échappe.

Je dégonfle ma stab et me voila qui descend le long du bout lesté que Seb a placé à l'endroit où le winch est supposé avoir coulé. Dès les premiers centimètres la lumière du soleil qui filtrait péniblement au travers de la surface verte disparaît, je suis plongée dans une pénombre verdâtre dans laquelle je ne vois pas mes doigts même si je les pose sur mon masque.

Parvenue au fond, vers 6 mètres de profondeur, je ferme les yeux, serre les dents et je fouille à tâtons l'épaisse couche de vase, tellement dense et enveloppante que mon détendeur se bloque par deux fois. Je palpe bon nombre d'objets non identifiés rendus gluants à l'extrême par leur séjour subaquatique, avant de suffoquer à nouveau et de remonter le coeur au bord des lèvres.

Seb est heureux de me revoir, même bredouille. Je suis couverte de boue noirâtre et nauséabonde, mon détendeur principal est hors d'usage, mais je suis vivante!

Finalement, c'est un plongeur professionnel habitué aux récupérations d'objets dans la vase du port (même bagues et bracelets n'échappent pas à sa dextérité) qui nous titera de ce mauvais pas en moins de 5 minutes...

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Publié dans Bourdes et Boulettes

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