Milles....Escales

Guyane Française

Cayenne, Maripasoula, Twenké, Antecume Pata, Grand Santi

Grenadines

+ 290 mn = 6270 mn

Ste Lucie (Rodney Bay, Marigot Bay, 2 Pitons, Soufrière), St Vincent (Wallilabou, Young Island, Cumberland), Baliceaux, Mustique, Mayreau (Salt Whistle Bay, 3 Anses Bay), Tobago Cays (Barradal, Petit Rameau), Palm, Petit Saint Vincent, Carriacou (Saline Island, Sandy Island), Union (Clifton, Chatam Bay), Bequia (Admiralty Bay)

Martinique

+ 2120 mn = 5980 mn

Le Marin, Grande Anse d'Arlet 

Cap Vert

+ 620 mn = 3860 mn

Sal (Palmeira), Sao Nicolao (Tarafal), Sao Vicente (Mindelo)

Sénégal

+ 900 mn = 3240 mn

Dakar, Casamance (Karabane, Niomoune, Ziguinchor, Affiniam, Djilapao)

Canaries 

+  380 mn = 2420 mn

Lanzarote (Graciosa, Naos, Arrecife, Papagayo), Fuerteventura (Lobos, Sotavento), Tenerife (Santa Cruz), Gomera (Suarez, San Sebastian)

Archipel de Madère

+ 670 nm = 2040 mn

Porto Santo, Madère, Selvagens

Portugal 

+ 280 mn = 1370 mn

Viana do Castelo, Leixoes (Porto), Berlenga, Cascais (Lisbonne)

Espagne

+ 440 mn = 1090 mn

Camarinas, Muros, Bayonne, Cies

France Atlantique

+ 250 mn = 650 mn

Morbihan : Belle Ile, Houat, Groix, Lorient, Port Navalo, Crouesty

Bretagne Sud : Port-La-Forêt, Beg Meil, Benodet, Glénans, Concarneau

Bretagne Nord : Bréhat, Lézardrieux, Tréguier, Aber Wrac’h, Camaret

Manche 

+ 400 mn

Blankenberge, Nieuwport, Dunkerke, Boulogne, Dieppe, Fécamp, Cherbourg, Guernesey

Escaut

Linkeroever (Anvers), Hansweert

Images aléatoires

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Les Sparrow

Enfants, nous donnions déjà l'impression d'être toujours ailleurs... 

Aujourd'hui nous partons à la rencontre de nos rêves...

Découvrir les merveilles de la terre et des hommes...

Répondant à ce besoin de liberté qui nous entraîne toujours plus loin...

 

 Vers la mer

Vendredi 29 juin 2007

Tout le village est en congé aujourd’hui, c’est l’Ascension… Commémoration d’un épisode anecdotique de la légende d’un lointain parent de ceux qui se disent chrétiens, dont la mort est censée avoir racheté les péchés de tous les autres… Etrange affaire pour le peuple N’Djuka, dont les prémisses de l’histoire remontent au 17ème siècle, avec l’évasion des premiers esclaves africains hors des plantations du Suriname. Mais laissons les considérations historiques pour plus tard ; aujourd’hui il pleut. A peine le coq avait il transpercé l’aube naissante de son premier cri que le ciel se déchirait, nimbant la forêt d’un linceul liquide. Il est 7h du matin, je me glisse dehors et plonge à grandes enjambées vers le dispensaire afin de m’enquérir de l’état de santé de mes premiers patients. Ils sont matinaux, les bougres, et attendent patiemment d’être examinés, bien qu’ils sachent parfaitement que le dispensaire est fermé les week-ends comme les jours fériés. Mais ils s’en moquent, et moi aussi, car aujourd’hui, il n’y a rien à faire, il pleut, et on ne peut rien y faire…

Voilà, le dernier est enfin sorti, il nous a été enlevé par la voie des airs pour être emmené en hélicoptère dans une structure hospitalière mieux adaptée à son cas. Une grosse pneumonie, dans la brousse, ça ne pardonne pas… On prend le temps de respirer, décompresser une minute Maryse et moi, partager une bouffée de cigarette au calme avant ressortir affronter la pluie qui ne s’arrêtera pas… Je la regarde encore tomber à travers la fenêtre alors que la nuit est là qui s’installe, et que je n’ai pas vu le jour filer entre mes doigts…

Par Sparrow - Publié dans : Guyane Francaise
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Dimanche 24 juin 2007

Brûlant de découvrir la beauté sauvage du fleuve, nous avons tout d’abord fait l’acquisition d’un paliboto, sorte de petite pirogue à pagaies de 6 mètres de long. Mais les courants sont rudes, et les rapides infranchissables avec ce type d’embarcation. En manque de sensations fortes, nous avons racheté « Old Boys », une pirogue de 11 mètres avec un hors bord de 15 chevaux, en copropriété avec un couple d’amis rencontrés récemment. Ces deux jeunes aventuriers passionnés de nature se nomment Gabriel et Caroline. Gabriel est professeur à l’école de Grand Santi depuis quelques années, et Caroline est une de nos collègues infirmières au dispensaire.

Ce week-end, nous prenons donc pour la première fois les commandes de notre pirogue afin de remonter le fleuve Maroni, puis un de ses affluents nommé la Gonini , jusqu’à un petit campou perdu dans la forêt. Nous embarquons avec Erwan, le frère de Gabriel, et suivons la pirogue d’une autre bande de jeunes du quartier : Nico (surnommé « Fayaman » càd « Homme du feu » car il s’occupe des pannes électriques), Céline (sa copine, secrétaire d’un notable du village), Nicolas et Karine (tous deux professeurs à l’école). Ceux-ci connaissent bien le fleuve, même si ses dangers imprévisibles guettent toujours le plus chevronné des piroguiers. Qu’à cela ne tienne, nous chevauchons avec bonheur les eaux boueuses, émerveillés par les contrastes des verts profonds de la forêt, tous prêts à engloutir les autoroutes d’eau rouillée qui serpentent dans cet océan de chlorophylle.

Au milieu de l’après-midi, rincés de pluie et de soleil, nous parvenons au campou de Papa Daniel. Le petit village, comptant à peine une dizaine de huttes traditionnelles en bois travaillé, nous accueille avec le sourire et l’hospitalité de ceux qui n’ont pas encore appris la méfiance à l’égard de l’étranger.

On se voit attribuer un solide carbet (sorte de cabane en bois destinée à recevoir les gens de passage) où nous dressons notre campement, entassant les glacières et les caisses de victuailles destinées au repas commun sous nos hamacs. Alors que le soleil se laisse paresseusement glisser derrière le faîte des grands arbres, nous empoignons nos cannes à pêche et entreprenons de taquiner le piranha et l’aymara (sorte de poisson préhistorique, ressemblant comme deux gouttes d’eau au coelacanthe, son cousin des mers) dans le petit rapide qui fait face aux berges du campou. On grimpe dans les pirogues, on monte nos lignes avec des appâts de restes de poulet gâté, se laissant paisiblement bercer par le clapotis du fleuve et la douce lumière du soir qui décline toute une palette de tons ocres et roses sur le miroir de l’eau. Un violent coup de roulis tire notre somnolente équipe de pêcheurs de sa rêverie : ça mord au bout de la ligne de Sébastien ! Le bouchon s’affole à la surface, réapparaissant pour disparaître à nouveau dans quelque farouche embardée. Mon héros flaire la belle prise, ferre la créature d’un coup sec et ramène sa ligne fermement, luttant contre le monstre qui refuse obstinément de se laisser prendre. Un dernier tour de moulinet et, hop, voici que notre repas encore tout frétillant s’abat sur le fond de la pirogue. Ses mâchoires acérées claquent frénétiquement, cherchant qui dévorer, mais tout piranha qu’il est, il a trouvé plus gros prédateur que lui !

La soirée s’annonce animée autour du feu, toute la petite tribu de Papa Daniel s’est jointe à nous pour partager le repas et l’apéro. Les conversations vont bon train, on s’échange des légendes du fleuve contre des recettes culinaires, puis on s’anime autour des rythmes de la guitare qui voyage entre Nico et Sébastien. Quelle est douce la vie en pleine nature !

Mais déjà les brumes du matin s’estompent dans le souvenir embué de la nuit passée à discuter, et il est déjà temps de repartir à l’aventure. Après une baignade dans les bras frais du fleuve, on remet en route vers Grand Santi, s’octroyant de longues séances de dérive en travers du fleuve, pour profiter jusqu’au bout du murmure de la jungle et du chant des oiseaux.

Par Sparrow - Publié dans : Guyane Francaise
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Dimanche 24 juin 2007

D’une superficie de 2.112 km², Grand Santi n’est accessible qu’en pirogue depuis Maripasoula en amont (5 à 12 h) ou Saint Laurent du Maroni en aval (6h à 2 jours selon le niveau du fleuve). Il est possible d’affréter un petit avion à ses frais pour +- 500 euros. Quant à l’hélicoptère du Samu, il ne se déplace que pour évacuer des patients en état critique, pour peu qu’il ne pleuve pas ou qu’on les prévienne avant 16h… L’isolement est donc quasiment total, puisqu’il n’existe aucune route en dehors des pistes de terre battue au sein du village.

La population est estimée à 3.000 habitants, et se compose en majorité de N’Djukas, descendants des « Nègres Marrons » ayant fui l’esclavage au Suriname. Malgré le développement de la commune, les N’Djukas gardent un mode de vie très ancré dans la tradition animiste, ayant souvent recours aux soins (bushi deeshi) du « Bushi Data » (guérisseur), craignant les maléfices des Whishis (mauvais esprits), contre lesquels ils emploient une large panoplie de gris-gris. Leurs croyances trouvent un écho supplémentaire dans les églises catholique, adventiste et chez les Témoins de Jéhova, dont les doctrines plus laxistes leur permettent d’assouplir quelque peu les préceptes de la religion animiste…

Les N’Djukas sont très dignes, mais restent faciles d’accès et sont bien souvent prêts à nous expliquer les multiples facettes de leur culture, pour peu qu’on s’y intéresse. La communication n’est malheureusement pas toujours facile, très peu parlent le français. Le dialecte local est le « Bushi Nenge Tongo », mélange d’anglais et de néerlandais avec des « i » et des « ou » à la fin des mots… « Ouéki, fa you go ? You abi foukowtou ? You wanni deeshi fou édé ati ? » etc … (Bonjour, comment allez vous ? Vous avez un rhume ? Vous voulez des médicaments pour le mal de tête ?). On commence à se débrouiller tout doucement, c’est l’immersion totale !

Il arrive que nous recevions la visite des chercheurs d’or brésiliens, parfois accompagnés de leurs femmes. Ceux-ci descendent des sites clandestins d’orpaillage dissimulés dans la forêt afin de retrouver quelques heures la compagnie des hommes. La vie de la jungle est dure, et ces courageux aventuriers profitent de leurs jours de repos pour se repaître de rhum au café du village, faire panser leurs plaies de lèpre ou de leishmaniose, et répandre quelques maladies vénériennes. L’accueil que leurs réservent les N’Djukas reste très froid, quand il ne dégénère pas en bataille rangée… Dont l’arbitrage se termine malheureusement au dispensaire !

Le village compte également quelques européens, principalement enseignants pour les écoles primaires ou le collège de Grand Santi, gendarmes, personnel de l’EDF ou membres du dispensaire. Nous habitons d’ailleurs le quartier surnommé « Johannesburg », en raison de sa grande concentration de blancs et de couples métisses !

Parmi eux, nous avons la chance d’avoir rencontré :

-         Gabriel et Caroline, enseignant et infirmière de notre âge, passionnés de nature, d’aventure et d’escapades en pirogue.

-         Wulfert, Pablo et Christine, une jolie petite famille belgo-hollandaise. Wolf est médecin au dispensaire, Christine enseigne au Suriname et Pablo fait des bêtises…

-         Mickael, Rémi, Maléna et Sandrine, nos voisins bien aimés. Micka est infirmier depuis 7 ans à Grand Santi, justicier au grand cœur il se démène pour assurer la continuité des soins de « ses » patients malgré le turnover accéléré des équipes médicales, tandis que Sandrine donne cours avec persévérance à la jeunesse turbulente du village, et que Rémi et Maléna, à peine plus hauts que 3 pommes, mettent le quartier à feu et à sang… On attend avec impatience le petit dernier !

-         Adam et Maryse, il est orpailleur, elle est infirmière, ils éclatent d’énergie et de positivisme, on les adore !

-         Angèle, Anna et Izaak, nos aides soignants locaux, efficaces et pleins d’attentions, ils sont toujours prêts à nous apprendre les particularités de la langue et de la culture des N’Djukas, sans oublier leur cuisine, qui vaut largement le détour !

-         Béa, notre cadre de santé, est un petit bout de femme pleine de vie qui dit et fait ce qu’elle veut, et c’est tant mieux !

-         Milton, Tidiane, Lilou et Marlène, nos plus proches voisins. Marlène est enseignante, Milton, son mari, est un enfant du village, ils sont les heureux parents de deux petits poussins au teint cuivré.

-         Ewald, Jenner et Frédérique, nos voisins de devant. Frédérique est enseignante au collège, Ewald gère une petite entreprise locale, et Jenner, leur fils adoptif, est un intrépide chenapan.

-         Le gang des enseignants célibataires : Thomas, Mathieu, Gilles, Guillaume, Jean-Marc… Adeptes du volley-ball, et de la bière post volley-ball, puis de l’apéro post-bière, puis du joint post-apéro… Une fine équipe de joyeux drilles !

-         Nos petits monstres adorés : Malik, 6 ans, et Thomas, 8 ans

Par Sparrow - Publié dans : Guyane Francaise
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Samedi 23 juin 2007

Située au Nord-Est de l’Amérique du Sud entre le Brésil (frontière naturelle déterminée par le fleuve Oyapock) et le Suriname (frontière naturelle déterminée par le fleuve Maroni), la Guyane , département français d’Outre-Mer s’étend sur 84.000 km², soit 1/6 de la France.

Plus de 90% du territoire est recouvert par la forêt équatoriale. Les voies fluviales et aériennes sont les seuls moyens d’accéder à l’intérieur du pays.

 

Le climat est de type équatorial, avec des températures moyennes oscillant entre 25°C et 27°C, et une hygrométrie relative de 80% à 90% selon les saisons. On distingue une petite et une grande saison des pluies entrecoupées d’une période ensoleillée : « le petit été de mars ».

La population est estimée à 300.000 habitants. On y retrouve une véritable mosaïque de groupes humains, dont principalement : des Créoles, des Amérindiens, des Bushi Nengués (descendants des esclaves fugitifs), des Asiatiques et des expatriés Européens. A cette population s’ajoute une immigration provenant surtout d’Haïti, du Suriname, du Guyana et du Brésil. Il s’agit d’une population jeune : 43% a moins de 20 ans ! La proportion des personnes âgées ne représente que 6% de l’ensemble.

Sébastien et moi n’avons jusqu'alors pu explorer que le littoral, en séjournant une semaine à Cayenne, et deux jours à Saint Laurent ; ainsi que quelques villages sur le fleuve Maroni, dont Maripasoula, où nous avons séjourné deux semaines, Twenké et Antecume Pata, où Seb a effectué une tournée de consultations médicales avancées, et enfin Grand Santi, où nous travaillerons pendant un an, jusqu’en avril 2008.

Par Sparrow - Publié dans : Guyane Francaise
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Vendredi 13 avril 2007

Martinique, le 12 mars 2007, 8h du matin. Entre mes doigts je serre la main de Sébastien, nous filons vers l?aéroport dans la voiture de Sandrine. Un dernier virage, le temps d?apercevoir l?éclat d?une coque bleue dans la baie en contrebas, mon regard se brouille. Je sais ce que j?abandonne, j?ignore ce qui m?attend?

Guyane, une dizaine d?heures plus tard. Je me surprends à penser que nous ne verrons plus l?océan avant longtemps, nous venons d?atterrir dans une stratosphère de verdure? D?où jaillit une ville, ou plutôt un gros village : c?est Cayenne, capitale de la Guyane Française. Nous transbordons notre bardas dans la voiture de location fournie par notre nouvel employeur : le C.H.A.R. (Centre Hospitalier Andre Rosemon). En effet, d?ici quelques jours je commencerai à exercer la médecine curative au Dispensaire de Grand Santi, tandis que Sébastien y assurera le suivi des femmes enceintes et la vaccination des enfants en bas âge. Pour l?heure, nous faisons route vers notre première nuit d?hôtel, sous un ciel menaçant et lourd, déversant des trombes d?eau à chaque fois qu?il s?égratigne aux doigts griffus de la canopée. Après un an de vagabondage, nous prenons notre premier repas chinois à emporter devant les émissions de Canal +, ne sachant pas s?il faut en rire ou en pleurer? S?ensuivent quelques jours d?activité débordante : il faut rencontrer nos futurs collaborateurs, s?acquitter des corvées administratives, acheter et empaqueter la nourriture de base pour 2 mois, s?équiper en hamacs, moustiquaires, bottes? On se perd dans les listes surchargées de choses à faire, aussi sûrement que dans les rues encombrées de Cayenne. Le calvaire prend fin dans le coucou d?Air Guyane, qui nous arrache aux terriens pour nous emmener quelques centaines de mètres au-dessus de la voûte de la jungle, couverture verte veinée de cours d?eau marron, d?où émergent ça et là des villages aux ruelles rouges de latérite et des reliefs montagneux bleutés, abritant contre leurs flancs des sites d?orpaillage clandestins. C?est ici que tout commence et que tout prend fin, la vie trépidante de tout ce continent amazonien, clameur étouffée par le silence des grands arbres et le bruit des insectes, noyée sous les rideaux de pluie et les rayons du soleil. Mais il est déjà temps de retoucher terre, la piste de bitume se perd dans la jungle et l?atterrissage fait perler quelques gouttes de sueurs froides.

Maripasoula, le 18 mars 2007. Ici bas tout est rouge : la terre, le fleuve, les routes, le bas de mon pantalon, et le visage des blancs. Une jeep nous emmène jusqu?à la maison que nous occuperons en colocation avec Manue, le temps de notre mission de remplacement. Le C.H.A.R. nous a recrutés pour une semaine chacun, à la place d?une collègue partie en vacances, ce qui nous permettra de nous remettre en selle avant de prendre notre poste définitif à Grand Santi. L?accueil que nous réservent Manue (baroudeuse sans frontières, patience d?ange et infirmière inspirée) et Gaëlle (la voisine du bas, mais aussi la meilleure sage-femme que nous ayons rencontré, peut-être pas très sage, mais très femme !) nous permet de nous insérer en douceur dans cette nouvelle vie, nouveau climat et nouvelles habitudes. Elles deviennent, le temps d?une grosse semaine, nos potes de guindaille, nos guides dans le bourg et nos plus proches confidentes (Un grand merci à toutes les deux !). Après une rapide présentation de l?équipe et du fonctionnement du dispensaire, je me lance dans la pratique médicale que j?avais désertée depuis plus d?un an? Et le virus me reprend : accueillir, écouter, comprendre, questionner, répondre, rassurer, panser, soigner, toute cette dynamique, mécanique, pour l?or de parvenir, trop rarement, à guérir? Nous avons, je crois, fait le bon choix. Sébastien m?abandonne, remontant le fleuve pour faire la tournée médicale dans les villages amérindiens de Twenké et Antecume Pata. Ensuite, c?est son tour de jouer au Docteur, et il y prend goût lui aussi. Je découvre un nouveau visage de l?homme que j?aime, qui se révèle passionné et motivé pour chacun de ses patients, attentif à ce que leurs individualités culturelles soient prises en compte et respectées. En effet, le brassage ethnique est tel sur le fleuve que nous côtoyons en plus des Bushi Nenges Bonis qui sont ici chez eux, des Amérindiens arrachés à la forêt et des orpailleurs brésiliens accompagnés d?une quirielle de prostituées joviales. Tout ce petit monde se fréquente le moins possible, et les mélanges accidentels donnent bien souvent des cocktails détonants, qui se règlent à coups de poings, coups de couteaux et même coups de feu? Heureusement, chacun d?entre eux accueille avec plaisir les médecins du dispensaire, car l?accès à la santé est gratuit. Les jours s?écoulent au rythme des consultations. Nous commençons le matin à 9h et terminons souvent avant 14h30, ce qui nous laisse le temps de découvrir le fleuve en kayak avec Manue et Gaëlle, le marché, et les différents quartiers du village. Le soir, nous partageons nos repas avec les filles de la coloc?, lançant la mode des barbecues arrosés au Ti-ponch. Mais le temps passe vite, et nous voilà déjà repartis sur le chemin tortueux qui nous mènera à Grand Santi, lieu de notre affectation définitive.

Saint Laurent du Maroni, le 29 mars 2007. Après un rapide saut à Cayenne, et une longue matinée de route à travers la jungle, nous voici rendus aux portes du fleuve, que nous devrons remonter dès demain. Saint Laurent me fait l?impression d?une ville frontière : charnière à la lisière de « l?enfer vert », en bordure de l?océan? On trouve tout et n?importe quoi dans ces ruelles poussiéreuses et rectilignes, tout sauf l?âme d?un peuple qui se perd au fond du regard borgne des taudis aux fenêtres condamnées. La pirogue déjà surchargée nous lorgne du bout de la jetée pourrissante. L?horizon menaçant se couvre de lourds nuages de pluie, tandis que la forêt sombre dans le silence, chacun se terre, attendant l?averse. Nous embarquons avec notre demie tonne de bagages, matériel et ravitaillement divers, accompagnés du Dr Flavien Rigoir (médecin en charge de la Prévention Maternelle et Infantile à Grand Santi, futur initiateur de Sébastien), puis l?ondée s?abat sur nous, masquant les rives du fleuve qui ont peine à émerger de la grisaille ambiante. Paysage d?apocalypse, la pluie battante est assourdissante, sous la bâche qui nous recouvre, nous nous tenons tassés les uns contre les autres, mais la pluie s?infiltre partout, et nous attendons avec impatience la fin du déluge. La jungle se dévoile sous nos yeux, lançant à notre rencontre ses innombrables tentacules de verdure, ne s?écartant que pour nous laisser le temps d?entrevoir l?esquisse d?un village perdu au milieu de nulle part. Car nous ne sommes nulle part, nous voguons sur une frontière fictive entre deux parties d?un même monde : entre France et Suriname, l?administration a tracé une ligne qui accorde des droits différents aux habitants des rives droite et gauche, créant des jalousies, des luttes intestines et des crises politiques insolvables, ajoutant encore son lot de difficultés au quotidien de ces peuples dont la survie dans cet environnement hostile est déjà en elle-même un fameux exploit. Après avoir franchi une longue série de rapides, que l?on nomme ici des « sauts », on aperçoit au loin le massif des « Montagnes Françaises », signe que nous touchons bientôt au but. Mais la pluie nous inonde à nouveau, et c?est enveloppés sous la bâche et les gilets de sauvetage que nous faisons notre entrée à Grand Santi.

Grand Santi, enfin. En gage de bienvenue, le ciel nous offre une trêve, le temps de mettre nos fournitures à l?abri. Avec l?aide de Flavien et Maryse (infirmière et future collègue), nous emménageons provisoirement dans l?appartement qui surplombe le dispensaire, en attendant que les médecins dont nous prenons le relais libèrent note maison. Nous voici redevenus terriens, c?est une nouvelle vie qui commence? 

Par Sparrow - Publié dans : Guyane Francaise
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Mercredi 28 mars 2007

Nous voilà à l'extrême Sud de notre parcours, nous ne descendrons pas plus bas avec Seizh Avel, du moins cette année... Nous rallions Saline Island, à la pointe Sud de l'île de Carriacou. Le lagon bleu s'étend derrière une longue barrière de corail chatoyant, bien visible au travers de l'eau cristalline qui baigne aussi la plage déserte frangée de cocotiers de l'île Saline. Cependant, le vent qui souffle depuis hier soir a réveillé la mer, et les longues lames de l'Atlantique qui viennent briser sur ce littoral de rêve nous empêchent d'y mouiller le bateau en sécurité... Tant pis, nous allons tenter notre chance du côté de la côte sous le vent, où nous attend Sandy Island. Ce long banc de sable émergé n'abrite que quelques oiseaux de mer perchés sur des squelettes d'arbres déssechés par les embruns. Là encore, il nous est impossible de nous arrêter, car et les vents qui dévallent les colinnes de Carriacou nous chassent bien vite de cette baie inhospitalière aux reflets idylliques. Trois petits tours et puis s'en vont ! Nous mettons le cap sur Union, espérant y trouver un endroit abrité où passer la nuit.

Par Sparrow - Publié dans : Antilles
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Mercredi 28 mars 2007

Nous continuons notre périple vers le sud de l’archipel, ralliant Palm Island, îlot satellite de Union, dès les premières lueurs de l’aube. Ce petit bijou de plage planté de cocotiers, baigné de mer turquoise, est colonisé par un hôtel grand luxe qui en interdit l’accès aux gens du voyage… Dommage ! Nous reprenons notre route, passant devant Morpion, grain de sable posé sur l’océan et hérissé d’un unique parasol, avant de mouiller devant Petit Saint Vincent. L’endroit est sublime et bien abrité des vents dominants, nous offrant une belle vue sur les îles du sud et particulièrement sur Petite Martinique toute proche. La navigation dans les Grenadines est très agréable, où qu’il se pose le regard trouve toujours parmi ce chapelet d’îles verdoyantes un joyau miroitant au soleil à admirer.

Malgré tout, nous quitterons Petit Saint Vincent très tôt dans la matinée, car une fois de plus, un complexe hôtelier très select possède l’endroit, nous empêchant d’explorer l’île à notre guise…

 

 

 

Par Sparrow - Publié dans : Antilles
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Mercredi 28 mars 2007

Après avoir essuyé le passage d’une dépression tropicale bien à l’abri sous les collines ondoyantes de Mayreau, nous suivons les alignements pour les Tobago Cays. Quelques nuages de pluie viennent encore ternir le bleu de ciel de leur robe fumeuse, mais le vent les emporte juste à temps pour nous livrer les premières îles sous un soleil triomphant. Nous empruntons la passe entre Petit Rameau et Petit Bateau les yeux éblouis par le sable étincelant de la plage qui glisse dans l’eau turquoise de la mer des Caraïbes. Nous jetons l’ancre devant Baradal, avant d’enfiler nos combis pour une belle plongée sur le tombant du Horseshoe Reef, sur lequel nous évoluons au gré du ressac, entre tortues vertes et coraux multicolores.

Au mouillage, nous faisons connaissance avec l’équipage de Catman 2 (Catamaran Privilège de près de 20 mètres de long) et sommes invités à bord pour la soirée, qui prendra fin vers 5h du matin… Parmi ces gens trop riches, nous avons trouvé un nouvel ami sincère et attachant : Manu, le jeune skipper espagnol, qui nous rejoindra peut-être en Amérique du Sud.

Sur l’îlot Baradal, nous pistons les grandes iguanes jusqu’en haut des arbres, puis nous retrouvons avec plaisir Nicola et Magali qui nous offrent deux énormes langoustes à partager sur leur Anakena Bay… Avant de repartir sous le vent de Mayreau afin de réaliser une belle plongée tous ensemble à la recherche d’une petite épave dans la baie de Trois Anses.

 

 

Les Tobago Cays nous laissent un souvenir émerveillé de joyau corallien posé dans un écrin de bleu, malgré la pression touristique dont elles font l’objet.

Par Sparrow - Publié dans : Antilles
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Samedi 24 mars 2007

Cap sur Salt Whistle Bay, magnifique mouillage digne de figurer sur une carte postale, mais par conséquent passage obligé des bateaux de charter… Qu’importe, c’est aussi très agréable d’être entourés de courageux travailleurs en vacances, alors que jusqu’à présent nous ne fréquentions que la communauté de ceux qui ont largué les amarres ! La baie est sublime et très bien abritée des vents dominants, sa particularité réside dans le fait qu’un mince isthme de sable relie les deux parties de l’île, offrant un panorama piqueté de cocotiers sur les Tobago Cays. Retenus par le mauvais temps, nous crapahutons au sommet de Mayreau, découvrant de très beaux points de vue sur les Grenadines, ainsi qu’un petit village très accueillant. Nous y ferons notamment la connaissance d’une poignée d’enfants, qui nous emmènent fièrement jusque dans la cour de leur école, avant de nous laisser descendre les petites ruelles escarpées à la rencontre du peuple rasta qui, à une heure si matinale, n’ouvrira l’œil que pour rouler un premier joint, ou échanger un sourire et une poignée de main avec ces étranges européens qui parcourent la terre sans en savourer le sel. Nous passons l’après midi à lézarder sous les palmiers en révisant Médecine Interne, il faut bien s’y replonger un jour !

Par Sparrow - Publié dans : Antilles
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Samedi 24 mars 2007

Nous quittons Baliceaux, caillou vierge posé sur l’océan, pour découvrir Mustique, précédée par sa réputation d’ « île aux milliardaires ». Nous sommes déjà agréablement surpris d’être presque seuls au mouillage, devant un immense croissant de plage ourlé de cocotiers. Plus loin, le village des pêcheurs plonge ses fondations dans les monticules de lambis accumulés au fil des marées, tandis que leurs barques multicolores rompent l’harmonie turquoise de la mer. Au centre, le Basile’s Bar, endroit de rencontre mythique où l’on peut côtoyer les célébrités, jette ses terrasses sur pilotis à la rencontre des bateaux de passage.

Nous consacrerons 3 jours à la découverte de ce petit joyau des mers du sud, rapidement conquis par le caractère vierge et préservé des cette île en apparence déserte. Dans une solitude à peine troublée par quelques autochtones, nous profitons de nos longues ballades sur les plages des côtes au vent et sous le vent, nous interrompant pour plonger à la rencontre de la faune sous-marine et pêcher afin d’assurer le barbecue du soir…

Par Sparrow - Publié dans : Antilles
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